Agences de traduction et freelances : amis ou ennemis ? - Episode 1

Traducteurs.trices freelances : travaillez-vous avec des agences de traduction ? Voici la question que nous avons posée à notre réseau LinkedIn en novembre 2023. Le but ? Comprendre si les professionnel.le.s de la traduction préfèrent passer en direct avec les clients, ou si, en dépit des mauvaises expériences – des deadlines serrées, des tarifs trop bas, des « c’est-juste-de-la-post-édition »… – ils ou elles continuent de collaborer régulièrement avec des agences et pourquoi.

Dans cet article en deux épisodes, nous nous penchons sur la question, aussi délicate que passionnante, de la relation entre les agences et les professionnels indépendants proposant des services linguistiques.

relation agences-freelances
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Nous avons voulu creuser la question : pourquoi les freelances collaborent (ou ne collaborent pas) avec les agences de traduction ? Quels sont les inconvénients et les avantages de ces partenariats ? Qu’est-ce qui fait que la relation entre les deux “bords” se passe correctement ? Quelles sont les attentes des deux côtés ? Quelles sont les bonnes pratiques à mettre en place pour assurer une collaboration gagnant-gagnant ?

Pour répondre à ces questions, nous avons donné la parole à plusieurs représentant.e.s des deux parties : Lucie Vincent, Camille Papin et Katherine Mérignac, Gaële Gagné,  traductrices freelance ; Annelise Jost d’Altica Traduction et Lucie Laval de Contentactic – PDG de leurs agences respectives.

Découvrez leurs témoignages ci-dessous ! Bonne lecture 🤗

Quelques éléments de contexte…

Comme vous le savez déjà peut-être, en 2023 l’équipe Contentactic était présente aux RTI (Rencontres de la Traduction et de l’Interprétation), événement organisé par la Société française des traducteurs – encore merci à la SFT pour cet excellent moment d’échanges. A cette occasion, nous avons pu remarquer, entre autres :

  • Que certain.e.s traducteurs.trices ont eu des expériences tellement négatives avec des agences de traduction qu’ils et elles ont décidé de ne plus collaborer avec elles (ou ne voient tout simplement pas l’intérêt d’une telle collaboration)
  • Que les indépendant.e.s ont parfois (souvent ?) une vision globalement négative des agences de traduction 
  • Qu’il y a parfois des incompréhensions ou un manque de communication claire entre les deux “camps”
RTI 2023

Et pour commencer – Des traductrices freelance témoignent

Camille Papin, traductrice indépendante : « En septembre dernier, j’ai participé à la Journée mondiale de la traduction organisée par la SFT. L’intelligence artificielle a été au cœur des échanges et la thématique de la relation agences-freelances a tout de suite été abordée. »

« Les professionnel.le.s de la traduction reçoivent de la part des agences de plus en plus de demandes de post-édition : sous prétexte que les contenus ont été traduits automatiquement par des machines, certaines agences proposent aux traducteurs.trices des tarifs très bas. Bien évidemment ce n’est pas le cas de toutes, c’est pourquoi il faut bien apprendre à faire le tri. »

L’utilisation de l’IA en ce sens peut en effet engendrer des pratiques très peu appréciées des traducteurs.trices car des prestations telles que la post-édition requièrent malgré tout beaucoup de temps, d’autant plus si les traductions automatiques sont peu qualitatives et doivent être majoritairement reprises par un humain doté d’un vrai cerveau. A noter que ce sujet a récemment fait l’objet d’un excellent podcast de Slator qui met en avant l’idée que la post-édition devrait être rémunérée au même niveau que la traduction “traditionnelle”

Lucie Vincent, traductrice indépendante : « L’image qu’un.e freelance a des agences de traduction dépend beaucoup de son expérience individuelle. Si l’on a essayé de collaborer avec différentes agences et qu’à chaque fois cela a débouché sur une expérience négative, forcément on aura une mauvaise image des agences et l’on sera poussé.e à arrêter ce genre de collaborations – ou à faire le tri parmi ses partenaires. »

Le témoignage de Gaële Gagné, traductrice indépendante et  fondatrice de Tradupreneurs, résume bien ce point : « En tant que formatrice en gestion d’entreprise et dans le cadre de mon engagement bénévole au sein de la Société française des traducteurs (SFT), je constate une certaine incompréhension entre les agences et leurs prestataires de services linguistiques, qui peut se transformer à terme en une véritable méfiance, qui n’a pas lieu d’être. »

« Notre objectif est le même : répondre le mieux possible aux besoins des utilisateurs des contenus que nous produisons en collaboration. Pour que cette collaboration soit efficace, il nous faut instaurer (et maintenir) une relation de confiance et de respect mutuel, afin de valoriser nos expertises dans la définition d’une solution gagnant-gagnant pour toutes les parties concernées. »

Malheureusement, cela ne va pas toujours de soi. Nous passerons en revue dans cet article de nombreux cas récurrents, positifs comme négatifs, avec pour objectif de commencer à répondre à la question suivante : comment faire en sorte que les collaborations agences-freelances se passent mieux ?

Quelques chiffres clés et données à garder à l’esprit

Bien que le marché de la traduction soit régulièrement en croissance (en moyenne +7 % de croissance annuelle selon les données de CSA Research reprises par la SFT), et que les clients aient de plus en plus besoin de traduire et de localiser leurs contenus, les traducteurs.trices freelances font aujourd’hui face à différents défis. 

2023 a été une année particulièrement difficile pour les professionnel.le.s de la traduction, qui ont pour certains expérimenté une baisse d’activité ou des revenus plus irréguliers, ont été confrontés au buzz de l’IA, à l’utilisation de plus en plus répandue des outils de traduction automatique, et ont subi comme tout le monde les effets de l’inflation.

Par ailleurs, selon l’étude ELIS 2023, le taux moyen de clients directs des indépendants correspond à 41 % en 2022 (contre 45 % en 2021). Cela nous indique non seulement que les freelances collaborent majoritairement avec les agences de traduction, mais aussi que ce type de collaboration est à la hausse. C’est pourquoi il est crucial – pour les deux parties  – d’établir des relations efficaces et de confiance, afin de faire face aux problématiques du marché, tout en respectant et en valorisant les professions de la traduction au sens large.

Quels sont les avantages et inconvénients de travailler avec des agences plutôt qu’avec des clients directs ?

Suite aux nombreux témoignages recueillis, nous avons structuré cette section en sept thématiques clés :

  1. Le volume d’affaires
  2. Le travail collaboratif
  3. Des relations privilégiées
  4. L’accès facilité aux outils
  5. Les paiements
  6. Les process
  7. Les tarifs
Avantages et inconvénients de travailler avec des agences plutôt qu’avec des clients directs

1. Volume d’affaires – Miser sur la sécurité financière ? 

Pourquoi travailler avec les agences ? Parce qu’elles assurent un certain volume d’affaires… et donc une relative sécurité économique. Annelise Jost, PDG d’Altica Traduction, s’est exprimée à ce sujet : « L’avantage principal d’une collaboration agence-freelance, c’est bien évidemment la régularité des commandes. Lorsque l’on établit une véritable relation de confiance, un partenariat gagnant-gagnant s’instaure. »

Une vision positive donc, qui a été quelque peu nuancée par nos interlocuteurs indépendants, à l’instar de Lucie Vincent : « Recevoir un volume régulier de travail est en effet très rassurant d’un point de vue économique. Le seul bémol c’est qu’avant qu’une relation de confiance soit bien établie avec une agence, on reçoit généralement très peu de commandes, qui portent surtout sur de petits projets (en termes de volume), à rendre dans des délais parfois très serrés. Au début de la collaboration, il faut donc être réactif et persévérer. Cependant, une fois que l’on a fait ses preuves, on reçoit de plus en plus de projets plus conséquents et intéressants. »

Camille Papin, traductrice indépendante : « En 10 ans d’expérience, j’ai appris à identifier les agences avec lesquelles cela vaut la peine de s’investir. Outre ces agences sérieuses, je n’ai maintenu ma collaboration qu’avec 1 ou 2 agences « en back-up » : je les ai gardées pour m’assurer une source de revenus lors des périodes creuses. »

« Il faut toutefois apprendre à arbitrer et à écarter les mauvaises collaborations. Travailler pour des agences avec des process très longs peut mobiliser du temps que nous ne pouvons pas mettre à profit pour d’autres clients, pour faire de la prospection, pour réseauter, etc. Laisser tomber ces agences qui payent trop mal mais qui nous rassurent malgré tout, c’est bien sûr un choix que l’on ne ferait pas si facilement en début de carrière. C’est en gagnant en expertise que j’ai compris que mon temps était précieux et que j’ai décidé de me concentrer sur les collaborations réellement bénéfiques. »

A RETENIR

  • Les agences assurent des commandes régulières et parfois conséquentes… dès lors que l’on a fait ses preuves et qu’une relation de confiance s’instaure
  • Certains freelances préfèrent ne faire appel aux agences qu’en “back up” s’ils n’ont pas d’autre solution

2. Prendre part à des projets d’envergure et travailler de manière collaborative 

Un autre avantage clé d’une collaboration avec les agences réside dans le fait de prendre part à de “plus gros” projets pour des clients grand compte – et dans certains cas de travailler en collaboration avec d’autres professionnels (traducteurs, chefs de projet, rédacteurs etc.). 

Lucie Vincent, traductrice indépendante : « Travailler avec des agences de traduction permet aussi d’accéder à des clients qui ne collaborent pas avec des indépendant.e.s. Il s’agit souvent de grands groupes ou d’institutions qui, pour des raisons de simplicité, et parce qu’ils ont des besoins assez conséquents, décident de passer uniquement par des agences. »

« Dans ce cas spécifique, travailler avec des agences permet non seulement d’accéder à des contrats qu’il serait impossible de négocier et de réaliser seul.e, mais aussi de collaborer avec d’autres freelances sur de très gros projets et de faire des nouvelles rencontres. Cela ne peut qu’être bénéfique pour les traducteurs.trices indépendant.e.s, qui sont souvent très isolé.e.s. »

Katherine Mérignac, traductrice indépendante : « Collaborer avec une agence de traduction permet en effet de travailler en équipe et d’être épaulé.e par des professionnels qui comprennent les soucis et les enjeux de notre profession, alors que les clients ne comprennent pas toujours le milieu et doivent parfois être sensibilisés et rassurés. »

Lucie Vincent, traductrice indépendante : « Travailler via une agence aux côtés d’autres professionnel.le.s de la traduction permet en outre d’avoir accès à des ressources partagées, de s’entraider et de recevoir des retours sur son travail, au travers des relectures que les agences (sérieuses) font systématiquement réaliser. Cette dynamique collaborative permet de progresser en continu, et le fait de pouvoir soi-même être amené.e à relire les traductions d’autres traducteurs permet également de varier nos missions. »

Annelise Jost, PDG d’Altica Traductions : « Chez Altica Traductions, nous relisons les traductions et faisons des retours aux freelances afin de leur permettre de s’améliorer. Par ailleurs, pour rebondir sur la diversité des missions confiées, collaborer avec une agence permet aux freelances non seulement de réaliser des tâches variées (traduction, relecture… ) mais aussi de travailler sur des projets aux thématiques et aux enjeux très différents. »

Katherine Mérignac, traductrice indépendante : « Un autre avantage est que l’on n’a pas besoin de chercher les clients, ou d’échanger longuement avec eux par téléphone. Personnellement je collabore avec nombre de clients directs avec lesquels j’ai un bon contact, cependant il y en a certains qui m’appellent souvent car ils ont besoin d’être rassurés. Et bien évidemment ces échanges prennent sur le temps de travail. Quand ce sont les agences qui s’occupent de la relation client, les traducteurs.trices sont également plus libres de partir en vacances ! »

A RETENIR

  • Travailler avec des agences permet de prendre part à des projets auxquels les indépendants seuls n’ont a priori pas accès
  • Cela permet aussi de collaborer avec d’autres professionnels et de monter en compétences
  • Les freelances sont ainsi déchargés de la prospection, de la négociation, de la gestion client 
travailler avec une agence de services linguistiques

3. Établir des relations privilégiées

Katherine Mérignac, traductrice indépendante : « Un gros avantage de la collaboration freelance-agence, c’est qu’elle nous permet de construire des relations privilégiées. Je sais que plusieurs agences de traduction avec lesquelles je travaille régulièrement me font confiance : dès qu’elles ont un projet de traduction du français vers l’anglais, elles se tournent directement vers moi, je suis leur premier contact. En outre, comme il s’agit de relations bien établies, je peux me permettre de refuser un projet – sans toutefois perdre le contact – si vraiment je ne suis pas disponible. »

A RETENIR

  • Gagner la confiance d’une agence permet une certaine flexibilité (choix des contrats notamment) 

4. Avoir accès à des outils et des ressources

La question des outils (de traduction, de TAO, de SEO…) est un sujet récurrent car bon nombre d’entre eux ne sont pas à la portée des indépendants en termes de coûts. Comment les acquérir, s’y former ? Les agences peuvent-elles donner accès à ces ressources à leurs collaborateurs freelances ? 

Lucie Vincent, traductrice indépendante : « Collaborer avec les agences de traduction permet d’avoir accès à des outils précieux : je parle des logiciels de TAO, qui sont souvent très onéreux, mais aussi des plateformes de gestion de projet et de facturation, qui permettent de gagner un temps fou. »

Lucie Laval, PDG de Contentactic : « Tout à fait, avoir accès aux différents outils mis à disposition par les agences permet également aux freelances de monter en compétences : collaborer avec des partenaires qui adoptent des outils différents, des pratiques différentes et qui ont globalement une autre façon de travailler, est une manière de se challenger, de continuer de se former et d’apprendre. Cela peut prendre du temps et demande de s’investir, mais permet d’acquérir un savoir-faire que l’on peut utiliser au cours de sa carrière pour d’autres projets ou clients. »

« Toutefois, les agences ne peuvent pas toujours se permettre de créer des accès à certains outils pour l’ensemble de leurs collaborateurs indépendants. En particulier pour les logiciels SaaS qui représentent un coût mensuel par utilisateur (se pose aussi la question de savoir si le partenaire freelance se sert de l’outil uniquement pour les projets de l’agence qui paye la licence ou s’il s’en sert aussi pour ses autres clients). » 

« Chez Contentactic, nous avons opté pour un compromis : nous formons nos collaborateurs à l’utilisation des outils (notamment des outils SEO sachant que nous sommes spécialisés en traduction SEO) et leur envoyons les stats dont ils ont besoin dans chaque brief en début de projet. S’ils ont la moindre question, ou besoin d’obtenir de nouvelles stats, nous leur renvoyons la data ou faisons le point en visio. »

A RETENIR

  • Travailler avec des agences permet d’avoir accès à des outils coûteux sans avoir à acheter sa propre licence, et de se former à leur utilisation
  • Il est difficile pour certaines agences de créer des accès pour leurs collègues indépendants (coûts trop importants) mais des compromis existent (envoi des stats, échanges avec les chefs de projet etc.)

5. Profiter de paiements réguliers et ponctuels

Travailler avec des agences est-il intéressant sur le plan financier ? 

Camille Papin, traductrice indépendante : « Lorsque l’on collabore avec les agences de traduction, on a la certitude qu’au bout d’un ou deux mois après la livraison du projet (en fonction des pratiques de l’entreprise), on sera payé. »

Annelise Jost, PDG d’Altica Traductions : « Les agences sérieuses assurent un paiement régulier et fiable, ce qui n’est pas toujours le cas avec les clients directs… Bien évidemment, cela varie au cas par cas : certaines agences sont au contraire très mauvaises payeuses. Il faut apprendre à faire le tri et bien sélectionner ! »

Lucie Laval, PDG de Contentactic : « Pour avoir débuté mon activité en tant que freelance, je n’ai jamais eu d’impayés avec des agences mais j’ai pu expérimenter en revanche que certaines d’entre elles décident de leurs délais de paiement sans consulter leurs collaborateurs freelances – et l’on parle souvent de paiement à 60 jours. C’est très compliqué pour un freelance, de savoir que l’on ne sera payé que deux mois après la réalisation de la prestation, surtout quand on lance son activité et que les contrats ne représentent pas encore un volume d’affaires stable. Je trouve donc essentiel que les agences puissent garantir un paiement plus rapide à leurs fournisseurs de services de traduction. »

A RETENIR

  • Il y a moins de risques d’impayés avec les agences qu’avec les clients directs
  • Les délais de paiement peuvent être préjudiciables pour les freelances
relation agences-freelances

6. Les process à rallonge

Camille Papin, traductrice indépendante : « Certaines structures adoptent des processus qui se veulent exhaustifs mais qui sont parfois si fastidieux qu’ils peuvent dissuader les traducteurs.trices de travailler avec elles. Je pense notamment à la facturation : personnellement je préfère collaborer avec des agences de traduction plus humaines, qui me permettent d’adresser ma facture directement à mon interlocuteur, au lieu de passer par une plateforme qui déshumanise les échanges. »

« Les process concernent également les ressources et les consignes envoyées aux indépendant.e.s : certaines grosses agences n’ont aucun scrupule à nous envoyer des dizaines et des dizaines d’instructions, des guides de rédaction interminables, des notices en anglais… pour des missions qui vont nous prendre énormément de temps et nous rapporter relativement peu d’argent. Ce n’est pas raisonnable d’attendre d’un freelance qu’il consacre autant (voire plus) de temps à la lecture de ces documents qu’à la traduction en elle-même. D’autant plus qu’il est payé uniquement pour traduire. »

Katherine Mérignac, traductrice indépendante : « Le simple fait d’avoir un intermédiaire de plus peut ralentir les process et avoir des répercussions sur le travail final. En effet, lorsque l’on travaille avec des clients directs, il est plus simple et rapide de recevoir des réponses à nos questions : nous pouvons échanger directement avec le commanditaire, qui est plus concerné par le résultat et peut nous fournir des réponses en tant qu’expert dans son domaine. »

A RETENIR

  • Les process très longs font perdre un temps précieux aux freelances, et équivalent donc à une baisse de rentabilité
  • Ils déshumanisent la relation
  • Le fait de ne pas pouvoir échanger directement avec le client réduit l’accès à des ressources de première main et le travail du traducteur peut en pâtir

7. La question des tarifs

C’est évidemment LA question qui fâche… 

Annelise Jost, PDG d’Altica Traductions : « Il est bien connu que le tarif d’achat des agences est plus bas que celui des clients directs : voici l’inconvénient principal de travailler avec des agences en tant qu’indépendant.e. »

Katherine Mérignac, traductrice indépendante : « Lorsque l’on travaille pour des clients directs, il est sans doute plus facile de négocier nos tarifs. Toutefois, ce type de collaboration nous demande plus de temps : il faut faire les devis, l’on passe plus de temps à se relire car souvent le client ne veut pas payer une relecture… Donc il faut voir en fonction des projets ce qui est plus rémunérateur entre la collaboration avec une agence ou un client direct. »

« Travailler avec un client direct sur le long terme nous permet de bien cerner ses besoins, connaître et maîtriser leur terminologie. De plus, certains documents reviennent régulièrement : cela nous permet d’aller plus vite. Ne pas passer par une agence est dans ce cas plus avantageux car cela nous évite souvent d’appliquer un tarif répétition. Je dirais donc que créer des relations avec des clients est très chronophage au début, mais plus avantageux sur le long terme. »

Lucie Vincent, traductrice indépendante : « Il est vrai que les tarifs “agences” sont inférieurs à ceux que l’on peut proposer à des clients directs. Mais cet écart me semble normal, car lorsque l’on collabore avec une agence, on n’a pas à s’occuper de la recherche de contrats, de la négociation avec le client, de la relecture et de la mise en page, autant de tâches qui prennent beaucoup de temps lorsqu’il faut s’en charger soi-même. Bien évidemment, il existe des agences qui proposent des tarifs indécents, et cela n’est pas justifiable. »

A RETENIR

  • Les contrats obtenus via une agence sont généralement moins rémunérateurs qu’avec les clients finaux 
  • Travailler pour un client final est très chronophage au début (et donc potentiellement moins rentable) mais peut s’avérer plus intéressant sur le long terme

Dans le prochain épisode, nous répondons à davantage de questions : quelle est la valeur ajoutée d’une agence ? Comment les agences peuvent-elles assurer une relation gagnant-gagnant avec les indépendants et vice-versa ? Et bien d’autres encore. Nous vous invitons à poursuivre la lecture pour plus d’insights sur cette thématique passionnante.

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A propos de Chiara Castelli

Chiara Castelli Chef de projet SEO IT

Chiara Castelli

Cheffe de Projet italien

Envie d’en savoir plus sur notre Cheffe de Projet italien, qui occupe une position polyvalente au sein de l’agence – traduction, rédaction, communication, SEO, gestion de projets web, etc. ? Retrouvez son parcours, ses compétences et son témoignage sur son expérience à l’agence ci-dessous.

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